Carlotti est célèbre bien au-delà de l’Occitanie, et
même avant que les musiques occitanes en général franchissent la Loire,
pour avoir fondé avec Patrice Conte et Jan-Novè Mabelly le groupe MONT-JOIA
en 1973. MONT-JOIA a enregistré avec CHANT DU MONDE dans les années
70 et s’est vite fait remarquer comme un groupe à la fois original et
représentatif de la Provence.
Jean-Marie Carlotti est avant tout un créateur, professionnel
enracineur ou déracineur, artiste indépendant mais aussi et surtout
fédérateur. Possesseur d’un répertoire impressionnant – il s’attache
plus au partage de ce qu’il sait, à la défense et à l’illustration de
la culture provençale qu’à l’accumulation de ses savoirs et plaisirs
personnels. Détenteur, il s’estime propagateur et militant. MONT-JOIA
c’est " un petit tas de pierres élevé par les bergers pour marquer leur
passage, et honorer la montagne ". Carlotti, à partir de 80, a commencé
en-dehors de MONT-JOIA une carrière indépendante de compositeur-interprète
soliste, accompagné par des collègues ou des musiciens d’autres horizons.
Sa superbe voix est aisément reconnaissable grâce à
son timbre, son port et son vibrato très particuliers. Son expressivité
est exceptionnelle. Le style de Carlotti, bien que personnel, a une
indéniable saveur provençale. A ce titre, il peut être considéré comme
un re-créateur de la chanson traditionnelle.
Il est assurément le barde actuel de la Provence au
sens large, et ses musiques sont d’une fraîcheur et d’une gaieté irrésistibles.
Carlotti a plus que de la sincérité, a plus que de la fougue, il est
entier et se crève la peau. Rien de surface chez lui, ni l’expressivité,
ni le savoir-faire musical, ni le métier, ni l’habitude de la scène.
Pour l’auditeur il y a certes la barrière de la langue, mais en tant
qu’auteur-compositeur-interprète, il est proche non pas des chanteurs
traditionnels mais plutôt de Brel, ou plus encore de Ferré.